Depuis 2021, le SIARP et le SMAVV, en partenariat avec Paris Sorbonne Université, mènent une étude sur la Viosne. Elle consiste, rappelons-le, à suivre l’évolution de la qualité biologique, et physico-chimique des cours d’eau du bassin versant de la Viosne (de sa source au confluent de l’Oise).

Cette campagne se déroule tous les deux ans, en juin, pour que les échantillons prélevés (macro-invertébrés notamment) soient au même stade de développement.
Des résultats positifs sur la campagne 2023
Notre campagne porte toujours sur dix points de prélèvements dans la Viosne, avec trois points majeurs : l’amont de Chars, d’Us et l’aval de Pontoise où nous analysons plus particulièrement les micropolluants. Nous étudions donc différents paramètres du milieu naturel (faune, flore, micropolluants et éléments majeurs...). Les résultats de la campagne de 2023 sont plutôt positifs, notamment en termes de biodiversité. Le test I2M2* (qualité biologique/étude de la faune et de la flore) de 2021 avait révélé que 5 des 10 stations étudiées étaient de qualité « médiocre ». En 2023, ces stations sont passées à une qualité moyenne voir bonne. C’est donc une très bonne nouvelle.
Benoit GEORGES, référent industriels et Assainissement non collectif (ANC) du service Instructions et contrôles
Des taux sous surveillance
Le résultat de la présence des polluants physico-chimiques est plus contrasté et demandera une étude plus poussée pour la recherche des causes. En effet, les micropolluants ont diminué au niveau de Pontoise, en aval des ouvrages du SIARP, mais ont augmenté en amont de la commune de Chars, zone sur laquelle le SIARP n’interagit pas.
Les contrôles et la sensibilisation des entreprises face aux risques que peuvent présenter certaines substances sont aussi une explication potentielle à cette diminution des concentrations en aval.
Par ailleurs, la pollution au zinc reste élevée, même si ce métal est présent naturellement dans l’environnement. Deux explications sont alors envisageables : la première concerne les eaux de ruissellements issues des toitures et gouttières en zinc qui pourraient rejeter ces molécules. La seconde concernerait des inversions de branchement ou des défauts de stockages de déchets.
Ce taux est à surveiller car il est à la limite de la norme de la qualité environnementale. Le SIARP n’ayant pas la compétence des eaux pluviales sur la totalité de la commune de Pontoise par exemple, il met l’accent sur certains contrôles auprès des industriels pour surveiller notamment leurs déchets, les produits stockés et utilisés (vérification des bacs de rétention pour déchets, sol des ateliers étanches, …).
Quelle est la suite de cette dernière campagne ?

Cette étude donne au SIARP une ligne directrice pour améliorer la qualité du milieu récepteur, en lien étroit avec les missions et actions du Syndicat. C’est aussi le cas pour notre partenaire, le SMAVV.
Par exemple, une forte concentration en nitrate à certains points de la Viosne peut être due à de potentielles inversions de branchements (rejet des eaux usées dans le réseau d’eaux pluviales) et déclencher le renforcement des campagnes de contrôle de conformité d’une zone habitée d’une commune.
En savoir plus : Qu’est-ce que l’I2M2 ?
L’Indice invertébrés multi-métriques (I2M2) se base sur l’étude des macro-invertébrés pour évaluer la qualité biologique générale d’un cours d’eau. Le calcul de l’I2M2 s’appuie sur cinq métriques :
- L’Indice de Shannon : il permet d’évaluer la richesse et l’équitabilité spécifique (équilibre de la répartition des espèces).
- L’Average Score per Taxon (ASPT) : évaluant la polluo-sensibilité des populations.
- Le polyvoltinisme : appréciant la capacité du peuplement à se reproduire plusieurs fois par an, et donc à recoloniser le milieu.
- L’ovoviparité : appréciant la capa- cité du peuplement à protéger sa progéniture.
- La richesse taxonomique : permet- tant d’évaluer la diversité taxonomique du peuplement.
Ces métriques sont ensuite comparées à un état de référence relatif à la typologie du cours d’eau. Ici, il résulte du rapport entre l’état constaté dans la Viosne et celui qu’un très petit cours d’eau s’écoulant sur bassin versant calcaire devrait avoir sans intervention humaine.




