Comment est né ce projet mené par le Rotary Paris Avenir, 1660, en partenariat avec Eau sans frontières et l’Association pour le Développement de la Commune de Savalou (ADCS) ?
Thierry Hamelin, Past Président du Rotary Club Avenir, 1660 : Un de nos membre, franco-béninois a souhaité rendre de la dignité à ses concitoyens. Il a convaincu les trente membres de notre club de construire des toilettes publiques sèches agroécologiques dans sa commune de naissance. Avec l’aide locale de l’ADCS, nous avons inauguré un premier bloc le 13 février 2022.
Pour une 2ème phase de 9 nouveaux blocs, nous avons fait appel à d’autres clubs Rotary et au Rotary International pour le financement. En complément de l’aide de l’ADCS, nous avons recruté un superviseur à plein temps.
Souhaitant étendre ce projet à l’ensemble du département Béninois « des Collines », nous nous sommes tournés pour cette 3ème phase vers l’AESN et le SIARP. Cette phase comprend la construction de huit blocs, principalement dans des écoles, de sept toilettes conçues pour les personnes à mobilité réduite et de huit poubelles. Nous y avons également inclus des cours de sensibilisation à l’hygiène qui ont pris place dès octobre dans quatorze écoles.
Ce projet est subventionné par l’Agence de l’eau Seine Normandie et le SIARP. Pourquoi avoir sollicité notre Syndicat pour ce projet ? Quel est sa légitimité selon vous ?
TH : Il existe un cadre législatif, la loi française Oudin–Santini, qui permet à l’AESN et au SIARP de consacrer une part très limitée de leurs recettes (moins de 0,08 %) à un projet international d’assainissement. Ce dispositif légal permet aux services publics de l’eau et de l’assainissement en France de soutenir des actions de solidarité dans leur domaine de compétence.
Il s’agit d’un enjeu directement lié à vos missions : la construction de toilettes publiques écologiques dans les écoles et les villages, où il n’existe souvent aucune installation sanitaire, constitue une des missions des agences et syndicats de l’eau. Ce manque entraîne des problèmes graves de santé publique, d’hygiène, et un fort absentéisme scolaire, notamment chez les filles.
Grâce à votre contribution, des enfants disposeront enfin d’un accès à des sanitaires sûrs, durables et respectueux de l’environnement. Les technologies et bonnes pratiques utilisées au SIARP sont ainsi partagées et adaptées à un contexte où chaque euro peut transformer des vies.
C’est un geste de solidarité responsable, maîtrisé et utile, en cohérence avec les valeurs du service public de l’eau : préserver, protéger et partager.
Vous venez d’inaugurer les premiers blocs sanitaires fin novembre dans la commune de Savalou et de Dassa-Zoumé. Quel a été l’accueil de la population ?
TH : C’est la première fois que les écoliers et la population environnante ont accès à des toilettes propres et gratuites. Ils sont enthousiastes et parlent de « bijoux » pour les dénommer.
Les maraichers sont également attentifs : grâce aux urines et fèces, nous leur fournirons des engrais naturels pour leurs terres qui limitera ainsi l’emploi d’engrais chimiques.
Enfin les éducateurs, ravis de l’arrivée de ces toilettes, sont également enchantés de disposer des poubelles qui rendront les cours d’école enfin propres. Effectivement, il n’existe aucun système de collecte des déchets dans le département des Collines et tous les plastiques, cartons, papiers finissent jetés dans la nature.
Ces équipements sont gratuits et en libre accès pour la population. Comment assurer leur pérennité et surtout comment seront-ils entretenus ?
TH : C’est une très bonne question. Beaucoup de latrines construites par des ONG sont, soit rapidement détériorées et sales, les rendant impropres à l’usage, soit « réservées » pour quelques éducateurs ou familles.
Celles que vous financez sont ouvertes 7 jours sur 7 de 6h30 à 23h00. Deux agents d’entretien rémunérés par les mairies se relaient pour en expliquer le fonctionnement aux usagers et pour nettoyer après chaque passage avec un chiffon imbibé de vinaigre. Les mairies ont également accepté de prendre à leur charge les produits et matériels d’entretien ainsi que les infrastructures.
Pouvez-vous nous parler des futures échéances ?
TH : L’équipe de notre club en charge des projets Bénin a des réunions hebdomadaires avec nos superviseurs locaux pour suivre, entre autres, l’avancement des chantiers. Nous nous rendrons dans les Collines en février prochain, pour réceptionner et inaugurer les six derniers blocs. Nous en profiterons aussi pour valider les tests faits avec les maraîchers sur les engrais que nous leur avons fournis et rédiger des fiches d’utilisation par plante.











