Aux grands maux les grands remèdes ! Quand les équipes du service Exploitation du SIARP sont « recalées » par la configuration des ouvrages, place à la robotique, sous l’œil expert des techniciens de l’entreprise H2drOne, pour une visite dans les entrailles du réseau d’assainissement qui passe sous l’Oise. Cette solution permet de minimiser les risques pour l’homme, sans interrompre le fonctionnement de l’ouvrage.
« Nous intervenons pour tenter de détecter un désordre, soupçonné depuis plusieurs mois, a priori une fuite au niveau de la canalisation. Cela surcharge le débit des effluents en « eaux claires », explique Jérémy LAINÉ, responsable du service Exploitation. Il nous faut localiser cette fuite assez précisément dans l’ouvrage, composé de deux canalisations de diamètre 80 cm, si elle existe, pour envisager sa réparation. Avec une longueur de près de 80 mètres, seul un drone pouvait répondre à cette exigence de résultat ».
Des yeux et des oreilles
Mais aujourd’hui, l’exercice n’est pas simple. Impossible de mettre la canalisation hors d’eau. « On constate qu’à l’optique, malgré une caméra 4K, l’inspection n’est pas possible. La canalisation est trop encombrée par des déchets dans les eaux usées (papier, lingettes…), précise Frédéric MORIO, directeur de H2drOne, en charge de cette intervention, accompagné de Romuald LECOMTE, responsable technique, aux commandes du drone.
Et cela complique vraiment le pilotage du drone dont les moteurs se sont bloqués à plusieurs reprises durant l’intervention. Par conséquent, c’est le capteur acoustique qui va nous servir ici. Cela fonctionne comme le sonar d’un sous-marin. On fait une échographie de la canalisation en envoyant du son qui nous revient. La transcription se fait par une image telle qu’on la voie sur notre écran. Notre pratique de l’exercice nous permet ensuite de l’analyser, d’y percevoir les reliefs, les trous, les désordres… Le drone va d’abord faire une lecture du bas de la canalisation à l’aller, et au retour, il inspectera le haut ».
Un bilan mitigé, mais suspicieux d’une fuite
Sous conditions difficiles, le traitement des images acoustiques de l’inspection a néanmoins posé un diagnostic sans être toutefois catégorique en l’absence de confirmation optique. Les conclusions font apparaître :
- une très forte suspicion de fissure dans le siphon « station » à environ 55 m, après le coude bas partant du côté Neuville ;
- un matériel égaré provenant éventuellement d’une ancienne opération de pompage, visible au pied de la descente du siphon « étang » coté Neuville-sur-Oise ;
- de nombreuses et parfois longues poches de gaz qui agissent comme un obstacle pour la propagation de l’onde acoustique ne permettant pas d’inspecter ces zones qui peuvent également cacher des désordres.
À l’heure de ce premier bilan, le SIARP poussera encore les investigations pour définir la suite à envisager en termes de travaux futurs.
En savoir plus : H2drOne
Fondée en 2021 au Havre, H2drOne est un acteur innovant dans le domaine de la robotique subaquatique. En septembre 2025, l’entreprise a rejoint le groupe Groupe ETPO, filiale de Spie batignolles, une évolution stratégique qui lui a permis de s’appuyer sur les compétences complémentaires de TETIS, spécialiste des travaux sous-marins, et d’ETPO, expert en travaux maritimes et fluviaux.
H2drOne accompagne les clients dans leurs projets d’inspection et de recherche subaquatique, en milieux maritimes, fluvial (Voie navigable de France (VNF)) et industriel (réservoirs d’eau, d’incendie, canalisations…).
Les équipes regroupent des savoir-faire en hydrographie, mécatronique et ingénierie maritime, garantissant une approche technique complète et adaptée à chaque besoin.




