Des boues pleines de ressources

Les boues d’épuration (urbaines ou industrielles) sont le principal déchet produit par une station d'épuration (STEP). Elles sont générées au cours des différentes étapes de traitements et constituées de matières organiques et minérales. Zoom sur cette ressource au cercle vertueux.

Depuis le 1er janvier 2020, le SIARP a récupéré la gestion de douze stations d’épuration rurales sur le territoire de la Communauté de communes Vexin centre et au 1er janvier 2022, la gestion de la station d’épuration de Neuville-sur-Oise qui traite les eaux usées de 28 communes (12 de l’agglomération de Cergy-Pontoise, 5 de la Communauté de communes Sausseron Impressionnistes, 7 de de la Communauté de communes Vexin Centre et 4 autres communes limitrophes).

La quantité annuelle de boues produites est de 86,70 tonnes de matières sèches (MS) pour les stations du Vexin et de 3 860 tonnes MS pour la station de Neuville-sur-Oise.

De boue liquide à boue sèche

Les boues peuvent se retrouver sous différentes formes selon les traitements appliqués. La part d’eau encore présente à la suite des étapes classiques de traitement des boues d’épuration (le plus souvent en sortie de bassin d’aération et de décantation) est conséquente. Les procédés de traitement des boues vont donc permettre de réduire leur volume en retirant un maximum d’eau facilitant ainsi leur transport.

Sur la STEP de Marines par exemple, les boues sont réparties sur des lits de séchage sous couvert végétal (roseaux), composés d’une surface drainante (plusieurs couches de gravier et de sable de granulométries variables). Ce procédé est appelé lits à macrophytes ; il a l’avantage également d’assurer le stockage des boues. En sortie de lits, les boues sont pâteuses, avec une siccité* d’environ de 15 à 20 %

Sur la STEP de Neuville-sur-Oise, l’extraction des boues se fait au niveau de plusieurs ouvrages : bassins d’aération, décanteurs primaires et tertiaires et filtres biologiques.

Les boues sont ensuite épaissies par différents systèmes (épaississeurs statiques, un flottateur et une bâche à épaissir) selon l’ouvrage dont elles sont issues et cela afin d’obtenir une siccité d’environ 10 %.

Puis, la majeure partie des boues (95%) est ensuite envoyée dans un digesteur afin de transformer la matière organique en biogaz (mélange de plusieurs gaz dont du méthane (55 à 70%), du dioxyde de carbone (30 à 45 %) ainsi que d’autres composés en faible quantité comme l’hydrogène sulfuré, des composés fluorés et des siloxanes).
Ce dernier est ensuite valorisé grâce à une unité de cogénération en électricité (revendu à EDF) et en chaleur (chauffage des locaux et des digesteurs).

Les boues issues du traitement tertiaire correspondent aux 5 % restants. Étant faibles en matières organiques essentielles pour la phase de digestion, elles seront donc épaissies, déshydratées, stockées puis chaulées avant d’être évacuées vers un centre de compostage.

Quant aux boues digérées, elles seront également déshydratées par centrifugeuse, pour amener les boues à une siccité d’environ 30 %, avant d’être stockées dans un silo, chaulées puis évacuées vers une filière de valorisation.

Comment les boues sont-elles valorisées ?

Le SIARP privilégie la valorisation agricole de ses boues car celles-ci, après réalisation des analyses permettant de garantir leurs conformités sanitaires, sont un atout pour les sols en permettant :

  • de fertiliser le sol : riches en matières organiques, en azote et en phosphore, elles sont un engrais permettant d’enrichir les sols en nutriments nécessaires au développement des végétaux ;
  • d’amender le sol, c’est-à-dire d’en améliorer les quantités physiques et chimiques afin de favoriser la production d’humus, une matière incontournable parce qu’elle abrite la vie bactérienne et la microfaune qui digèrent et rendent disponibles les éléments nutritifs dont les plantes ont besoin.

Les boues produites par les différentes stations d’épuration du territoire du SIARP sont valorisées via trois filières :

  • l’épandage durant la période estivale : sur la base d’un plan d’épandage géré par le sous-traitant SEDE (uniquement pour la STEP de Neuville-sur-Oise) ;
  • le compostage le reste de l’année : les plateformes sont situées à moins de 100 km du site ;
  • l’incinération : depuis 2022, cette filière ne concerne plus que les boues lorsqu’elles sont non-conformes.

* Les boues sont constituées d’eau et de matières sèches. La siccité est le pourcentage massique de matière sèche. Ainsi une boue avec une siccité de 10 % présente une humidité de 90 %.

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