Syndicat Intercommunautaire pour l'Assainissement
de la Région de Cergy-Pontoise et du Vexin

Merci Monsieur le Président – 2026

Après 34 ans à la tête du Syndicat, Emmanuel PEZET, Président du SIARP, quitte définitivement ses fonctions le 20 mai 2026. À cette occasion, une réception en son honneur s’est tenue mardi 5 mai, en présence d’élus du territoire, de partenaires et du Personnel du Syndicat. L’occasion de revenir sur un parcours citoyen engagé.

Pour le SIARP, c’est une page qui se tourne, tout comme pour le principal intéressé, mais « mon départ a été très dur à décider, car mon action au SIARP a été passionnante. Je ne pense pas me tromper en affirmant que j’ai été un Président très présent. J’ai pu initier, impulser un certain nombre de choses, avec une équipe, à laquelle je suis très attaché », souligne Emmanuel PEZET, président du Syndicat depuis 1992.

Un engagement chevillé au corps

Derrière une vocation se cachent souvent des personnalités inspirantes. Pour Emmanuel PEZET, ce fut sans aucun doute son grand-père paternel, un « acteur de premier plan » qu’il admire particulièrement. De journaliste parlementaire à député du Morbilhan en 1928, puis sénateur de 1946 à 1959, Ernest PEZET a écrit une carrière politique qui l’a menée dans les hautes sphères de la République.
Aussi, dès son adolescence, Emmanuel PEZET devient sympathisant puis militant au Centre démocrate. C’est le début d’un engagement citoyen, d’actions au service des autres, avec une empreinte forte en faveur de l’environnement.

Cergy-Pontoise et le Vexin : son terrain de jeu

Après des études de Droit et de Lettres dans la capitale, Emmanuel PEZET embrasse une carrière d’une vingtaine d’années, dans le notariat au sein de différentes études, tout d’abord à Paris, puis dans le Val-d’Oise où il emménage avec sa femme et sa fille en 1983, à Pontoise. En 1987, il opère un virage en entrant au Conseil d’administration du Crédit Mutuel de Cergy-Pontoise avant de prendre la présidence du Conseil de surveillance au début des années 1990. Une belle aventure d’une trentaine d’années qui fait écho à une tradition familiale : son père et l’un de ses frères ont travaillé dans le secteur bancaire et financier.

De l’ombre à la lumière, en faveur de l’environnement

Son engagement public est vaste et varié durant de nombreuses années. Il devient, entre autres, Président de l’Association du Quartier des Pâtis (10 ans). Il crée également l’association Pontoise 95 Ouest (protection de l’environnement) et travaille avec de nombreux hommes politiques et élus au service de l’environnement et du développement durable. Il œuvre également au sein de nombreuses instances en lien avec la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise ou divers syndicats intercommunaux.

Son entrée en politique se fait grâce à Jean-Philippe LACHENAUD, maire de Pontoise de 1977 à 1989. Repéré grâce à ses nombreuses actions en faveur de l’environnement, le maire lui demande de le rejoindre officieusement au cours de son dernier mandat. Une façon de lui mettre le pied à l’étrier et de préparer son accès à la prochaine mandature. Une collaboration très précieuse, qu’Emmanuel PEZET affectionne également aujourd’hui, car « je suis très attaché aux valeurs de transmission et de transition ».

Il intègre l’équipe municipale du nouveau maire, Philippe HEMET, en 1989. En tant que maire adjoint, il prend en main la toute première délégation liée à l’environnement au sein de la mairie de Pontoise. Il engage alors une jeune collaboratrice, Isabelle THOUVENOT, éco-conseillère. « Parler environnement » en 1989 était une petite révolution, car ce sujet commençait juste à émerger au début des années 1990 ». Cet engagement sans faille guidera toute sa carrière politique, avec un seul mot d’ordre, la protection de l’environnement.

Emmanuel PEZET est très investi auprès des associations qui œuvrent dans le domaine social et le développement durable. Il siège également dans différents syndicats, comme le SMIREP (créé à l’époque du SAN – Syndicat d’agglomération nouvelle), le SMERCRV (Syndicat Mixte d’Études et Réalisations du Contrat de Rivière Viosne – 27 communes). La création de ces structures a permis d’obtenir des financements pour réaliser des projets, comme la création de bassins de retenue, l’entretien des berges…

De ses mandats politiques successifs au sein de la ville de Pontoise, il deviendra également conseiller communautaire au sein de la CACP jusqu’en 2025 (vice-président de 2001 à 2020, chargé de l’environnement urbain). Il achève cet engagement politique avec Stéphanie Von Euw, maire de Pontoise, réélue en mars 2026.

1992, l’appel du SIARP

C’est Jean BÉTOURNÉ, élu également à Pontoise et Président du SIARP en 1989, souhaitant se retirer de cette fonction, qui sollicite Emmanuel PEZET pour assurer sa succession au Syndicat, connaissant son engagement en faveur de l’environnement. Ce nouveau défi se concrétise en 1992. « J’ai pu compter déjà, à cette époque, en interne comme en externe, sur des personnes aux qualités professionnelles pour me familiariser et appréhender le domaine de l’assainissement. On ne peut pas dire que le traitement des eaux usées intéressait beaucoup de monde dans ces années-là ! Aujourd’hui, les cartes sont rebattues avec tous les enjeux environnementaux de notre époque. »

Tout au long de cette mandature, Emmanuel PEZET et son DGS ont su porter la parole du SIARP dans différentes instances et être des acteurs investis, de premier plan, sur la scène nationale de l’eau et de l’assainissement (ASTEE*, FNCCR*, FSTT*…).

Faire face à l’extension démographique du territoire

Le premier dossier important pour Emmanuel PEZET fut la gestion de la fermeture de la station d’épuration de Pontoise, construite dans les années 1950 par le SIARP. « C’était une belle prouesse à l’époque, car les stations d’épuration étaient peu nombreuses. Il a fallu engager les discussions avec les différentes communes de l’Agglomération, compte tenu de son développement urbanistique. Deux solutions s’offraient à nous : reconstruire en lieu et place ou reconstruire ailleurs. Le SIARP est un syndicat qui a toujours su se renouveler, se remettre en question et se tourner vers l’avenir. »

Avec Alain RICHARD, Président du SAN de 1989 à 1997, il fut décidé de construire une nouvelle station sur le site de Neuville-sur-Oise, une station à la pointe de la technologie de l’époque. Elle fut inaugurée en 1992, en présence de Ségolène ROYAL et Alain RICHARD. Le personnel SIARP de l’ancienne station de Pontoise fut détaché sur le nouveau site, et rejoignit les techniciens SFDE (en charge de la gestion et du traitement) et OTV (en charge de la construction de l’usine). Il a également fallu assurer, par la suite, la dépollution de l’ancien site et résoudre la question des boues d’épuration.

Un territoire, des enjeux, des défis à relever

En 2002, le SIARP change ses statuts. Le but ? Reprendre la compétence assainissement détenue alors par les communes. « Cette petite révolution a nécessité un gros travail en interne et en partenariat avec les communes et les Services de l’État. Ce fut une des premières grosses réformes du SIARP », se souvient Emmanuel PEZET, instigateur de ce changement. Le SIARP assure dorénavant la gestion des réseaux de collecte et le transport intermédiaire, tandis que le SAN assure la gestion du réseau transport final et l’épuration.

En 2012, le SIARP compte 19 communes. C’est aussi cette année-là que la station d’épuration de Neuville-sur-Oise s’agrandit avec la Tranche 2. En 2013, le territoire du SIARP passe à 24 communes (12 communes de la CACP, 5 de la CCSI et 7 de la CCVC).

La loi NOTRe permet, au 1er janvier 2022, le transfert de la compétence assainissement (volet transport et épuration) de la CACP vers le SIARP. Cette réforme entraine, pour le Syndicat, la reprise de la gestion de la station d’épuration de Neuville-sur-Oise en régie. Le SIARP est désormais le seul acteur pour l’assainissement sur la région de Cergy-Pontoise et du Vexin, un territoire composé de 43 communes, avec de vrais défis à relever : la réutilisation des eaux usées (REUT), le biogaz, le développement de la station d’épuration et ses performances… Cette expansion nécessite, de facto, le développement des ressources humaines.

Depuis le 1er janvier 2026, le SIARP s’étend sur une nouvelle Communauté de communes, Vexin Val de Seine, avec l’arrivée des communes de Banthelu et de La Roche-Guyon.

Dans cette fin de mandat, le SIARP s’est également engagé aux côtés de la CACP, en devenant le deuxième principal actionnaire de la SPL Les Eaux de la Confluence, destinée à gérer l’eau potable de l’Agglomération, à compter du 1er janvier 2027. « Je reste convaincu de l’importance de créer un vrai « Pôle de l’eau et de l’assainissement » pour notre territoire, compte tenu des enjeux environnementaux auxquels nous devons faire face. Nous ne négligerons pas nos responsabilités. Le SIARP sera un acteur de premier plan dans cette nouvelle aventure où l’intérêt général doit primer. Au SIARP, nous sommes fiers d’être un service public de qualité, exigeant pour nos usagers ».

Le SIARP, une équipe professionnelle, avec ses valeurs

« Le SIARP a su attirer des collaborateurs pour travailler dans l’assainissement, ce qui n’est pas si simple, reconnaissons-le, conclut Emmanuel PEZET. Nous avons eu et nous avons toujours des agents avec des qualités professionnelles reconnues prêts à être challengés au quotidien. L’équipe dirigeante s’est renforcée depuis 2019, ce qui procure au SIARP une colonne vertébrale solide et fiable. Je tiens à saluer tous les responsables de services qui sont, chacun dans leur domaine de compétences, d’excellents professionnels qui peuvent s’appuyer sur des techniciens et des collaborateurs de grande qualité.

L’heure est venue pour moi de tourner la page, non sans une certaine émotion, après plus de trente ans au sein de cette « maison ».  Aujourd’hui, je me retire donc de mes fonctions publiques. Je souhaite vraiment que le nouveau Président ait la même philosophie, le même état d’esprit que moi, qu’il sache entretenir la cohésion de l’équipe et fonde son autorité sur la plus grande liberté possible de l’organisation du travail de chacun et la reconnaissance par l’autorité du travail « bien fait ».

Mon vrai regret, s’il en est un, sera de quitter l’Équipe du SIARP, une belle équipe de gens « bosseurs et passionnés », la force du Syndicat. »

*ASTEE : Association scientifique et technique pour l’eau et l’environnement
*FNCCR : Fédération nationale des collectivités concédantes et régies
*FSTT : France sans tranchée technologies

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