Garant d’une bonne gestion des deniers publics, le SIARP, outre la gestion quotidienne de son réseau (maintenance, curage, petit entretien, …), doit s’attacher à conduire une politique de renouvellement de son patrimoine la mieux adaptée aux problématiques qu’elle rencontre.

Connaître son patrimoine et son environnement :

Le SIARP a une bonne connaissance de son réseau (90 % du réseau inspecté) compte tenu de sa politique de planification d’inspections télévisées et de curage préventif et de sa très bonne expertise terrain.

Outre les données intrinsèques du réseau (profondeur, matériaux, âges,….) définies par l’identification, il est important de connaître l’environnement propre des canalisations. Aussi, le SIARP a développé deux grandes phases dans son travail d’auscultation et de diagnostics (décrites ci-après) :

  • L’identification du réseau avec des informations sur les caractéristiques intrinsèques de l’ouvrage constatées sur site (linéaires, profondeurs, couvertures, natures de matériaux, formes et dimensions, etc…) : Ces caractéristiques sont issues de relevés topos, d’inspections détaillées des ouvrages (inspections caméras) et/ou de visites d’exploitation ainsi que de données hydrauliques. Cette première phase s’identifie comme l’inventaire du réseau de tous les ouvrages et équipements d’exploitation existants en service. Cette phase est très fortement liée à une bonne gestion du Système d’Information Géographique (SIG) du SIARP.
  • La connaissance générale des données aménagement en surface (voiries, circulation,…), contextes géotechniques/hydrogéologique (carrières, argiles, eaux de nappe,…), historiques (anciens tracé de cours d’eau, travaux d’autres concessionnaires,…), ces éléments permettront ensuite de comprendre les modes de fonctionnement des ouvrages afin de mieux appréhender leurs comportements en cas de désordres et ainsi pouvoir élaborer les premiers schémas de pré diagnostics.

La stratégie du SIARP en matière de reconnaissance de ses ouvrages :

Dans le cadre de l’identification de son réseau, le SIARP a initié une démarche de curage/ inspections télévisuelles systématique depuis 2003.

Objectif du SIARP

Au 31 décembre 2017, 89% du linéaire était inspecté, 100 % de l’âge des canalisations est connu. Néanmoins, les branchements qui représentent 160 km du réseau demandent une attention particulière. Le territoire est composé de 28 000 branchements avec autant de raccordement sur la canalisation principale pouvant être défectueux. Les branchements sont le plus souvent perpendiculaires à la voie, moins profonds que la canalisation principale et parfois réalisés avec des matériaux moins résistants. Il y a donc un risque important de vieillissement prématuré, de dégradations dues à la circulation et aux travaux d’autres concessionnaires. Les conséquences peuvent être des infiltrations d’eau de nappe et, fréquemment, des affaissements de voirie, des obstructions, ….

Le SIARP a donc souhaité modifier son objectif, depuis quelques années, un programme de curage/ inspections télévisuelles a été mis en place en intégrant le diagnostic non seulement du réseau collectif mais aussi des branchements publics.

OPTIMISER LA HIÉRARCHISATION DES TRAVAUX POUR MIEUX INVESTIR :

L’évaluation de l’état du patrimoine doit permettre une hiérarchisation des priorités dont l’objectif premier est le fonctionnement optimal du système et l’élimination des défaillances dans le temps.

La hiérarchisation des investissements et l’élaboration du Plan Pluriannuel d’Investissement (P.P.I.) permettent d’orienter au mieux les choix techniques et financiers du SIARP. Cette planification entre dans la gestion patrimoniale en maintenant une politique judicieuse et réfléchie de renouvellement/réhabilitation. Elle permet d’élaborer un plan financier en fonction des ressources du SIARP et d’orienter ses choix futurs en matière de politique budgétaire (balance investissement/fonctionnement, visions sur les subventions envisageables, augmentation de la redevance…).

Cette planification permet d’obtenir une gestion cohérente du réseau en raison des problématiques et contraintes rencontrées. Ainsi, selon la hiérarchisation de l’état des canalisations et de leurs localisations, le SIARP disposera de tous les éléments lui permettant de dresser un programme de travaux à entreprendre en tenant compte des enjeux (nature du sol, pollution, points noirs, accroissement de la densité urbaine, …).

Cette gestion « raisonnée » est financièrement viable en permettant de régler par l’investissement des dépenses récurrentes en fonctionnement et en particulier des coûts induits aux dommages « collatéraux » d’un collecteur vétuste (surcoûts en exploitation, baisse des performances de la station d’épuration par l’arrivée d’eaux de nappe, inondations de particuliers, effondrement de voirie, dommages diverses aux avoisinants, …).
Ainsi, l’optimisation financière permet de substituer aux dépenses d’exploitation, des dépenses d’investissement.

L’élaboration du PPI permet de prévoir un renouvellement « intelligent » en ciblant les zones du réseau potentiellement problématique.

Sur le long terme, la performance du réseau (indicateurs de performance), en combinant une politique de gestion des investissements cohérente, ne sera que meilleure.

Concernant les critères de hiérarchisation des travaux, le SIARP a renseigné et pondéré, dans son Système d’Information Géographique (SIG), les zones sensibles du territoire dans lesquelles les risques sont les plus élevés

La concertation/coordination du SIARP :

Cette hiérarchisation permet l’élaboration du PPI. Afin d’affiner et optimiser les priorités, le SIARP se concerte avec l’ensemble des acteurs du territoire dans l’optique de valider les travaux proposés.

Une mise en cohérence des investissements peut ainsi être entreprise par l’analyse des actions à mettre en œuvre sur la base des informations fournies par les divers acteurs. A l’échelle de notre territoire, des économies peuvent être réalisées en coordonnant ces actions (réfections de voiries combinées à des travaux de renouvellement de canalisations d’assainissement par exemple).

DES TRAVAUX ET UNE EXPLOITATION DE QUALITÉ …DES OUVRAGES SURS POUR NOS GÉNÉRATIONS FUTURES :

La mise en œuvre des choix opérés lors de l’élaboration du PPI et du programme d’exploitation ne peut garantir une gestion cohérente du patrimoine que si les travaux et l’entretien des ouvrages s’inscrivent dans une démarche qualité depuis la conception du projet jusqu’à l’achèvement des travaux et durant toute l’exploitation des ouvrages.

Le S.I.A.R.P. a adhéré, en 2007, à la Charte Nationale Qualité dont est signataire l’Agence de l’Eau Seine Normandie.

Pour plus d’infos, vous pouvez télécharger le guide de l’ASTEE sur la gestion patrimoniale :

http://www.astee.org/site/wp-content/uploads/2016/02/ASTEE-Guide_GPRA_VF.pdf